08 août 2008

Chaud-froid de volaille


Toute déception doit être en mesure de décliner son identité.


Fatale, de Manchette est un objet décoratif. Il faut l’imaginer, plutôt qu’en un délicat drageoir épinglé dans une solide bibliothèque de province, posé négligemment sur un « méchant vinyle » d’un living-room parisien, le premier étant le sticker de l’autre.
Manchette s’occupe de faire entrer la violence des rapports sociaux dans le polar français. L’écriture est métallique mais ne fait pas caisse de résonance avec le style. Ce n'est pas très « fort des halles », finalement… Cela manque un peu de caractère…
L’auteur Mes soixante huîtres ne serait qu’une peccadille, aussi tiède et mou que le Modem, rédigeant des polars ricains plaqués à la française, comme des meubles de style ?… Peut-être ressemble-t-il un peu à Dantec le néo-canadien, comme chef de file du néo-polar, avec son embonpoint de crémier, moulé dans du cuir de révolté.
Bien sûr, il y a Aimée, sorte d’amazone blessée, qui ne peut exister que parce qu’elle porte comme personne le ciré rouge laqué, qui seul est en mesure de flatter le sang qui coagule sur ses bras blancs. Et puis y’a les bourgeois, qui sortent de l’hôtel des « Trois faisans » et qui attendent d’être plumés !
Manchette recourt à la méthode behavioriste : il ne décrit pas du tout la psychologie de ses personnages, et c’est bien dommage. On ne saura pas si Aimée tue la culotte mouillée ou le cerveau en ébullition. Je pensais étancher ma soif avec un bloody mary, j’ai siroté un jus de fraise...

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour,

Vous y allez un peu fort avec Manchette. Ce n'est certes pas son meilleur...

Mais en tout cas, quel plume vous avez, vous !

Hyacinthe a dit…

Merci, papillon antique.
Je devrais en lire un autre.